Le patrimoine

 
Le manoir de Hainneville
Situé au cœur du quartier d’Hainneville, ce manoir du XVIIème siècle est entouré d’un parc aménagé de plus d’un hectare.
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Ce bâtiment sera lui-même modifié par le fils, le petit-fils et l’arrière petit fils de Louis Gigault de Bellefonds jusqu’à fin XVIIIème début XIXème siècle, en témoigne sa façade classique surmontée d’un fronton triangulaire qui vient assouplir l’effet de symétrie des huit grandes baies. A gauche de l’escalier, la trace d’une ouverture en losange et d’un fronton triangulaire avec, en son centre, un écu entouré de végétaux sculptés dans le goût de la Renaissance. Une belle toiture en schiste recouvre l’ensemble et s’anime de sept souches de cheminées très soignées.

A partir de 1880, le manoir passera dans les mains de plusieurs propriétaires. Pendant la seconde guerre mondiale, les troupes allemandes puis les troupes américaines l’occupèrent. C’est en 1995 que la ville en fera l’acquisition.

En 2002, le conseil municipal vote à l’unanimité la sauvegarde du manoir et le réaménagement du parc qui l’entoure. Étude, projet et travaux menés en concertation avec le cabinet Watrin, spécialiste et maître d’œuvre de patrimoines anciens ont abouti pour le bâtiment, à la réfection de la toiture en schiste, au remplacement des huisseries, avec la collaboration du lycée professionnel Edmond Doucet dont les élèves ont réalisé des trompe l’œil sur la façade et au traitement des cheminées.

Le parc d’un hectare et demi a fait l’objet d’un aménagement paysager par les services de la ville ; allées ensablées, parvis pavé, gradins en amphithéâtre, murs d’enceinte réhabilités… La plantation d’essences exotiques et aromatiques fait que ce havre est un but de promenade des plus agréables. Un jeu de piste y a également été mis en scène.

La petite histoire : Sous la Révolution Alexandre-Bernard, descendant de Louis, émigre puis revient pour prendre part à la Chouannerie en Normandie et Bretagne sous le nom de Bernard Lefranc. Gravement blessé d’un coup de feu en plein visage le 7 juin 1795, il restera atrocement mutilé. On retrouve ce personnage sous les traits de l’Abbé de la Croix Jugan, héros de l’Ensorcelée de Jules Barbey d’Aurévilly.

 
Le Hameau Bourgeois
Témoin de l’ Equeurdreville moyen-âgeux, le hameau Bourgeois, protégé des regards, se situe entre la Résidence de la Saline actuelle et la rue Vauban. Le patrimoine remarquable du ham...
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Témoin de l’ Equeurdreville moyen-âgeux, le hameau Bourgeois, protégé des regards, se situe entre la Résidence de la Saline actuelle et la rue Vauban. Le patrimoine remarquable du hameau Bourgeois se compose essentiellement de l’ensemble des voûtes et de l’ancienne ferme datables du XVIème siècle, voire du XVème ainsi que du manoir XVIIème et XVIIIème siècles.

César François Cassini de Thury, auteur de la première carte topographique de la France, y fait figurer le hameau Bourgeois dès 1760.
Des titres de propriété anciens ont permis de découvrir de vieux noms de rues, tels la rue Caillou, la rue Entre deux villes et la rue Ecorce-Mittet disparus aujourd’hui.

Les voûtes remarquables débouchent sur une petite rue par un passage couvert avec portes piétonne et charretière, immédiatement suivies à gauche d’un grand portail ouvrant sur la cour d’une ancienne demeure ornée d’une élégante tour d’escalier carrée.

Les communs fermant la cour abritent étable, cellier et grange. Au-dessus de celle-ci s’élève un pigeonnier d’environ 420 boulins (trous permettant l’accès aux pigeons). L’ensemble, tour d’escalier défensive et colombier renvoie aux attributs du domaine seigneurial qu’illustrent les nombreux manoirs du Cotentin. Plus loin, un autre corps de bâtiment présente encore des fenêtres à meneaux chanfreinés, typiques du XVIème siècle.

Face aux voûtes, à l’angle des rues Mignot et Bourgeois, se dresse parallèlement à la mer, une vaste et haute demeure connue sous le nom de « Manoir du hameau Bourgeois ». La façade arrière, vraisemblablement du XVIIème siècle, se singularise par sa tour d’escalier non saillante, mais également par une vingtaine de petites fenêtres qui s’ouvrent sur la mer. La tour, haute de quatre étage, a sous son toit en bâtière, une petite pièce munie de quatre ouvertures (une de chaque côté) qui évoquent une tour de guet. L’importance d’une surveillance des côtes à cette époque pour la protection des populations prend ici tout son sens.

 
Le monument aux Morts à caractère pacifiste
Réalisé par la peintre et sculptrice, Emilie Rolez, le monument aux morts d’Equeurdreville a été inauguré en 1932. Il est situé avenue du 8 mai, non loin de la mairie.
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En 1920 les négociations commencent à Equeurdreville pour l’érection d’un monument qui  suscite de nombreuses dissensions entre la Commission des Beaux-Arts du Conseil municipal et le Comité provisoire du monument aux morts créé pour la circonstance. 12 années seront nécessaires avant d’assister à l’inauguration de ce monument.

En 1922, le sculpteur Marcel Jacques, habitant Paris, ayant vécu à Equeurdreville dans son enfance propose ses services mais son projet ne sera pas retenu par la municipalité au grand dam du Comité du monument aux morts. Ce dernier, en avril 1923 accuse la municipalité en ces termes « La force d’inertie de la municipalité qui ne veut pas de manifestation patriotique et encore moins d’honorer ceux qui sont tombés dans la guerre croyant bien qu’elle serait la dernière. ». Le Maire Hippolyte Mars ne veut en aucun cas faire l’apologie de la guerre et les débats entre les deux instances sont de plus en plus tendus tant sur le choix statuaire que sur la devise.

Cette fois c’est la sculptrice Rachel Hautot, originaire de la Manche mais travaillant en Tunisie qui est pressentie. Elle soumet deux projets « Soldat brisant son arme » et « Le père et la mère pleurant leur fils ». Le premier est adopté par la Commission des Beaux-Arts et le second répond aux critères de la Commission du monument. En bronze ou en pierre l’un de ces deux projets verra le jour et l’on en informe l’auteur. Mais voilà qu’au sein même du conseil municipal les avis divergent. De divergences en divergences nous arrivons en 1930 et toujours pas de monument.

C’est alors qu’une autre artiste, peintre et sculptrice, Emilie Rolez, professeur à l’école des Beaux-Arts de Cherbourg, présente un projet appelé « La veuve ». La douleur exprimée par l’épouse et ses deux enfants sera déterminante et le projet sera finalement adopté par tous. Le monument aux morts réalisé en pierre, d’un poids de sept tonnes, avec la devise « Que maudite soit la guerre » sera enfin inauguré le 18 septembre 1932, Avenue du 8 Mai, non loin de la mairie. Sur le socle, 225 noms ont été inscrits.

Bibliographie :
« Que maudite soit la guerre » enquête sur un monument aux morts
pacifiste de Philippe Coëpel aux Editions des Champs 1997

 
Le Barrage du Roulland
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’accroissement de population, le développement des entreprises, augmentent les besoins en eau et le cours d’eau le Roulland qui prend sa sou...
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Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’accroissement de population, le développement des entreprises, augmentent les besoins en eau et le cours d’eau le Roulland qui prend sa source sur la commune voisine de Flottemanville-Hague, bombardé pendant la guerre voit son débit largement diminué et donc insuffisant pour  alimenter correctement la ville, mais aussi l’arsenal, gros consommateur, d’où la décision de la municipalité de faire construire un barrage avec un challenge pour l’entreprise qui le réalisera puisque le délai de construction imposé n’est que d’une année. Challenge tenu puisqu’il sera inauguré et mis en eau le 28 juin 1958.

C’est l’entreprise Dodin de Nantes qui remporte le marché les travaux débutent pendant l’été de 1957. L’étude géologique du site, nature rocheuse et configuration de la vallée détermine le choix d’un barrage dit « à voûtes multiples et contreforts ». L’ouvrage de 132,60 mètres de long et de 18 mètres de hauteur a nécessité 313 mètres cubes de béton et de 83 tonnes d’acier. Il est composé de 14 voûtes et de 15 contreforts.

Les voûtes sont constituées de berceaux en demi-cylindres inclinés à 45°. Leur hauteur épouse le fond de la vallée et se décline de la plus petite à la plus grande, longue de 20,50 m. Leur largeur est de 8,10 m et l’épaisseur du contrefort de 0,40 m.

Le déversoir (évacuateur de crue) élément de sécurité important était encastré sur la partie haute de la voûte n°8. Une canalisation va conduire, par gravitation, l’eau vers l’usine de traitement de Tonneville. Sur le fond de la vallée, une autre canalisation va permettre de réguler ou de vider la retenue d’eau et de jouer le rôle de débit biologique.

Parallèlement, on va construire deux réservoirs  de 1500 litres à Bénècère qui vont fournir 5000 m3 dont 1000 m3 pour l’arsenal.

La passerelle qui domine le barrage permet la circulation piétonne d’une rive à l’autre et le plan d’eau de 2,5 ha fera le bonheur des promeneurs et des pêcheurs.

Le maillage des réseaux d’adduction d’eau, avec la création de la communauté Urbaine de Cherbourg en 1971 et la vétusté de l’ouvrage, signent la fin d’activité du barrage en 1991. La vidange du plan d’eau a lieu en 1994.

 
L’église de Hainneville
Eglise réunie à la paroisse d’Equeurdreville sous le même vocable « Notre Dame de l’Assomption ». Bâtie sur les hauteurs, elle s’élève au milieu du cimetière comme beaucoup d...
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Eglise réunie à la paroisse d’Equeurdreville sous le même vocable « Notre Dame de l’Assomption ». Bâtie sur les hauteurs, elle s’élève au milieu du cimetière comme beaucoup d’églises rurales en Cotentin.

Un premier édifice existait également au XIème siècle sous le patronage de l’Abbaye de St Sauveur le Vicomte.
Précédant l’ensemble à l’ouest, un élégant clocher-porche du milieu de XVIIIème siècle présente un écu martelé,(d’azur au chevron d’or accompagné de trois losanges d’argent), probablement les armes du seigneur Jacques Bernardin qui prit le titre de marquis de Bellefonds en 1753. Ce clocher flanqué de tourelles qui s’intègrent harmonieusement à la construction, est également doté d’un portail dont l’ouverture en plein cintre est supporté par des pilastres surmontés du classique fronton triangulaire.

A l’intérieur. Le chœur, du XVème siècle est vaste et rythmé par de forts piliers, il a la particularité d’être flanqué de deux chapelles. Les arcs de la nef, qui ont été remaniés au XIXème siècle pour cause d’essor démographique, donnent accès aux bas-côtés agrandis en 1859 (date inscrite à l’extérieur).

Statuaire et mobilier

  • Vierge à l’enfant en bois, polychrome, fin du XVIIIème siècle
  • fonts baptismaux en pierre calcaire, milieu du XIXème siècle
  • confessionnal en sapin, milieu du XIXème siècle
  • vitraux : Le Bienheureux Thomas Hélye, fin du XIXème. Dans le chœur, réalisés par la maison Vermonet de Reims, l’assomption de la Vierge et de part et d’autre St Pierre et St Paul datés de 1898. St Louis et St Albert de la fin du XIXème siècle.
 
L’église d’Equeurdreville
L’église d’Equeurdreville "Notre Dame de l'Assomption" de style néogothique date du 19ème siècle. Un premier édifice datait du XI ème siècle.
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dès le XIème siècle (1055), Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances évoque un premier édifice. Un siècle plus tard, le Pape Urbain III en confirme le patronage par moitié avec l’abbé de St Lô, ce qui est confirmé par la trace « d’ecclésiam escheudrevilla » au cartulaire de l’abbaye en 1307. Ce n’est qu’en 1555 qu’un certain Geoffroy Pilon est cité comme curé de la paroisse.

Jusqu’en 1820 le nombre d’habitants est assez faible, environ 1200, mais l’édifice, bien que vétuste et peu entretenu, suffit à accueillir ceux qui le souhaitent. A partir de 1850, la population d’Equeurdreville est de 2623 habitants et va doubler en 10 ans, en raison des travaux de la rade et du port. Cet accroissement démographique va nécessiter la construction d’une nouvelle église. Le curé Lechevallier, avec l’Abbé Godefroy, chapelain du couvent de la Bucaille à Cherbourg, et architecte, vont élaborer les plans d’un nouvel édifice de style gothique.

Les faibles ressources de la paroisse obligent à l’échelonnement des travaux : 1852 le chœur et la sacristie, 1860 le transept et les chapelles, 1865 la nef et le clocher sans flèche, celle-ci ne sera jamais construite. L’ensemble, de style néo-gothique est ici particulièrement sobre.

Plusieurs épitaphes en pierre calcaire ont été conservés dont la plus ancienne date de 1572.

  • Une reproduction de la Cène sur marbre blanc qui ornait l’ancien maître-autel avant son remplacement en 1967.
  • Grand crucifix en bois, polychrome, XVIIIème siècle.
  • Les vitraux, notamment ceux de chœur : proclamation du dogme de l’Assomption et de part et d’autre Sainte Avoye et Saint Augustin, de l’atelier Mauméjean, maison fondée en 1860 par Jules Mauméjean, maître verrier français. Une soixantaine d’églises dans la Manche possèdent des vitraux de ce même atelier.
  • les fonts baptismaux en marbre du XIXème siècle. Voir aussi les fonts baptismaux en pierre calcaire de l’ancien édifice.