Entre le phare de Gatteville et le fort du Cap Lévi
Le GR223, connu ici comme le sentier des douaniers, trace une belle liaison de 19,2 km entre deux repères majeurs du Val de Saire : le phare de Gatteville-le-Phare et le fort du Cap Lévi, à Fermanville. Comptez environ 4h15 de marche, avec un profil de difficulté moyenne et une vraie diversité de paysages, entre littoral, bocage et vues ouvertes sur la Manche.
Cette étape plaît autant pour son décor que pour son caractère très lisible. On part d’un monument de pierre qui veille sur la mer, on suit une côte changeante, puis on termine sur un site militaire chargé d’histoire. Entre les deux, le chemin déroule des plages, des dunes, des criques et des anses où l’eau, les marais et les rochers se partagent la scène.
Le phare de Gatteville, géant de granit
Le départ se fait au pied du phare de Gatteville, une silhouette imposante de 75 mètres de haut. Il figure parmi les grands phares français et attire le regard bien avant d’attirer les marcheurs. Construit entre 1829 et 1835 par l’architecte Charles Félix Morice de la Rüe, il a été mis en service en 1835.1
Son architecture a quelque chose de presque malicieux : 365 marches, 52 fenêtres et 12 niveaux. Le compte est rond, comme un calendrier de pierre. L’ascension offre un large panorama sur le Val de Saire et la mer. Un premier phare, plus ancien et plus modeste, avait été édifié en 1774 avant d’être transformé en sémaphore après la construction du grand phare. Le site est automatisé depuis 1984.
Un littoral vivant, entre sable, galets et marais
Après le phare, le sentier suit la côte et change de visage plusieurs fois. Les plages alternent avec les criques, les cordons dunaires et les secteurs plus rocheux. Le parcours traverse aussi des milieux humides qui donnent au Val de Saire une vraie personnalité. Ici, la mer ne s’impose jamais seule : elle compose avec les marais arrière-littoraux, les prairies humides et les landes.
Le havre de Roubary et l’anse de Gattemare font partie des passages les plus parlants. On y voit se rejoindre mer et marais, avec une ambiance propice aux oiseaux. Avec un peu de chance, quelques phoques veaux-marins peuvent aussi se montrer. Les mares de Vrasville, intégrées au réseau Natura 2000, rappellent la richesse écologique du secteur. Le Conservatoire du littoral y joue un rôle de premier plan, avec plus de 530 hectares dont il est propriétaire sur ce site remarquable.2
Des arrêts qui donnent du relief à la marche
La randonnée ne se limite pas à une longue bande côtière. Elle ménage des pauses naturelles, presque évidentes, qui rythment la progression.
- La pointe de la Loge, sur la commune de Cosqueville, pour le changement de perspective.
- La plage de la Saline, pour une respiration au bord de l’eau.
- L’anse de la Mondrée, avec sa grande plage et ses cygnes possibles selon les passages.
Ce parcours a cette qualité rare : il reste sauvage sans être austère. Le regard passe sans cesse du large aux terres intérieures, du sable aux prairies, des pointes rocheuses aux zones humides. Pour qui aime les randonnées du Cotentin, on retrouve là une belle parenté avec les plus beaux itinéraires du secteur, comme les falaises du Nez de Jobourg.
Le fort du Cap Lévi, arrivée en poste avancé
Le point d’arrivée, le fort du Cap Lévi, donne à l’étape une fin très différente du départ. On passe d’un phare à un ouvrage militaire napoléonien du XIXe siècle, construit entre 1801 et 1806 sur ordre de Napoléon Ier. Sa mission était claire : protéger la rade de Cherbourg et le cabotage local des attaques anglaises.
Le fort prend la forme d’une batterie semi-circulaire d’environ 35 mètres de diamètre, armée de deux bouches à feu. Il a ensuite servi pendant les deux guerres mondiales, avant de subir des destructions partielles lors des bombardements alliés de 1944. Aujourd’hui, le site accueille des chambres d’hôtes, tout en restant bordé par le GR223. L’extérieur et la cour intérieure sont en accès libre, avec des panneaux d’interprétation et une table d’orientation.
| Élément | Repère utile |
|---|
| Départ | Phare de Gatteville-le-Phare |
| Arrivée | Fort du Cap Lévi, Fermanville |
| Distance | 19,2 km |
| Durée | Environ 4h15 |
| Difficulté | Moyenne |
Pourquoi cette étape vaut le détour
Ce tronçon du GR223 résume bien le Val de Saire. Il montre un littoral travaillé par la mer, mais jamais figé. Il met aussi en scène deux ouvrages qui racontent chacun une époque : le phare, pour guider et signaler, puis le fort, pour défendre et surveiller. Entre les deux, la marche laisse toute sa place aux paysages.
Pour qui souhaite prolonger l’idée de balade entre nature et patrimoine, l’article sur les plages autour d’Équeurdreville peut aussi compléter la découverte du bord de mer dans le Cotentin.
Le Val de Saire a ce talent discret de faire cohabiter grands repères, milieux naturels sensibles et petites surprises de sentier.
Sources
1. Attitude Manche
2. Conservatoire du littoral