Le manoir de Hainneville

Le manoir de Hainneville

Un acte de propriété nous assure de l’existence d’une demeure appartenant à Jean De La Roche Tesson jusqu’en 1345, puis aux abbés du Mont St Michel à partir de 1394, qui en échange de terrains proches de Caen, la cèderont à Louis Gigault de Bellefonds qui va reconstruire un nouveau manoir sur les bases de l’ancien édifice ruiné. 

Ce bâtiment sera lui-même modifié par le fils, le petit-fils et l’arrière petit fils de Louis jusquà fin XVIIIème début XIXème siècle, en témoigne sa façade classique surmontée d’un fronton triangulaire qui vient assouplir l’effet de symétrie des huit grandes baies. A gauche de l’escalier, la trace d’une ouverture en losange et d’un fronton triangulaire avec, en son centre, un écu entouré de végétaux sculptés dans le goût de la Renaissance. Est-ce l’ancienne entrée du manoir ? Une belle toiture en schiste recouvre l’ensemble et s’anime de sept souches de cheminées très soignées. 

A partir de 1880, le manoir passera dans les mains de plusieurs propriétaires. Pendant la seconde guerre mondiale, les troupes allemandes puis les troupes américaines l’occupèrent. C’est en 1995 que la ville en fera l’acquisition. 

En 2002, le conseil municipal votait à l’unanimité la sauvegarde du manoir et le réaménagement du parc qui l’entoure. Etude, projet et travaux menés en concertation avec le cabinet Watrin, spécialiste et maître d’œuvre de patrimoines anciens ont abouti pour le bâtiment, à la réfection de la toiture en schiste, au remplacement des huisseries, avec la collaboration du lycée professionnel Edmond Doucet dont les élèves ont réalisé des trompe l’œil sur la façade et au traitement des cheminées. 

Le parc d’un hectare et demi a fait l’objet d’un aménagement paysager par les services de la ville ; allées ensablées, parvis pavé, gradins en amphithéâtre et murs d’enceinte réhabilités. La plantation d’essences exotiques et aromatiques fait que ce havre est un but de promenade des plus agréables. 

La petite histoire : Sous la Révolution Alexandre-Bernard, descendant de Louis, émigre puis revient pour prendre part à la Chouannerie en Normandie et Bretagne sous le nom de Bernard Lefranc. Gravement blessé d’un coup de feu en plein visage le 7 juin 1795, il restera atrocement mutilé. On retrouve ce personnage sous les traits de l’Abbé de la Croix Jugan, héros de l’Ensorcelée de Jules Barbey d’Aurévilly. 

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