Le circuit du Cap Lévi : une balade entre falaise, phare et fort
À Fermanville, le circuit du Cap Lévi propose une randonnée facile entre sentier du littoral, phare, fort napoléonien et anse portuaire. Un condensé de mer, d’histoire et de nature.
À Fermanville, le circuit du Cap Lévi propose une randonnée facile entre sentier du littoral, phare, fort napoléonien et anse portuaire. Un condensé de mer, d’histoire et de nature.
À Fermanville, le circuit du Cap Lévi coche plusieurs cases à la fois : un sentier côtier accessible, des points de vue sur la mer, un phare emblématique et un fort napoléonien qui raconte deux siècles d’histoire locale. La boucle proposée tourne autour de 6,3 km pour environ 1h30 de marche, avec un profil facile qui convient bien aux familles et aux marcheurs occasionnels.
La version courte, telle qu’elle est proposée par l’Office de Tourisme du Cotentin, part du parking du hameau d’Inglemare et suit le sentier du littoral. Le balisage rouge et blanc du GR223 sert de fil conducteur sur une bonne partie du parcours.
Le charme de cette randonnée tient dans le rythme qu’elle impose : mer, lande, patrimoine, puis retour vers les paysages ouverts du cap. Le sentier longe des falaises granitiques et ménage plusieurs pauses naturelles pour regarder la côte, l’Anse du Cap Lévi ou les ouvrages qui ont marqué le site.
Pour une autre mise en jambe sur le littoral du Cotentin, le parcours du phare de Gatteville au fort du Cap Lévi offre aussi une belle lecture de la côte, avec un autre angle sur le GR223.
Le phare actuel du Cap Lévi attire tout de suite le regard. Reconstruit en 1948 après la destruction du premier phare en 1944, il s’élève à 28 mètres dans une tour carrée en granit aux faces incurvées. Son prédécesseur, érigé en 1858, culminait à 31 mètres.
Le bâtiment est inscrit aux monuments historiques depuis 2009. On peut gravir ses 113 marches en colimaçon pour gagner la vue sur la côte. Le phare conserve aussi la mémoire d’un système de rotation à mercure, mis en place au début du XXe siècle, détail technique qui donne au site un supplément d’âme.
Le cap a longtemps servi de repère aux navigation et au cabotage. Aujourd’hui encore, le phare résume bien l’esprit du lieu : utile, solide, posé face au vent. Pour les amateurs de littoral et de panoramas, il mérite largement l’arrêt.
Un peu plus loin, le fort napoléonien du Cap Lévi rappelle que ce coin de côte n’a pas seulement servi aux promeneurs. Construit entre 1801 et 1806 sur ordre de Napoléon Ier, ce fort de forme semi-circulaire mesurait 35 mètres de diamètre. Son rôle initial était clair : protéger le cabotage et le port Lévi contre la marine anglaise.
Le site a ensuite connu plusieurs vies. Il a été remanié à plusieurs reprises, a servi pendant les deux guerres mondiales, puis a été transformé en résidence secondaire à partir de 1881. Racheté en 1953 par Félix Amiot, il est devenu une résidence de prestige. Des chambres d’hôtes y sont désormais aménagées.
Le fort appartient au Conservatoire du littoral depuis 1990. L’extérieur et la cour intérieure sont en accès libre, mais une pièce d’identité est demandée pour accéder à l’ensemble du site depuis octobre 2023.
Si les fortifications du Cotentin vous intéressent, un détour par le fort du Roule à Cherbourg prolonge bien la promenade, avec une autre lecture militaire du territoire.
L’Anse du Cap Lévi apporte une autre respiration au circuit. Longtemps utilisée par les Romains pour le transit vers l’Angleterre, elle accueille aujourd’hui des embarcations de pêcheurs et de plaisanciers. Le lieu garde une allure discrète, presque en retrait, alors qu’il a compté dans les circulations maritimes anciennes.
Le nom même de Cap Lévi plonge plus loin encore. Sa toponymie remonterait aux Vikings, avec kapel vik, que l’on traduit par « anse de la chapelle ». Le site porte donc une mémoire bien plus ancienne que son usage actuel de balade.
Le Cap Lévi ne se résume pas à son décor. Sa géologie raconte elle aussi une histoire longue. Le littoral appartient à la partie occidentale du massif de Barfleur et expose un granite à gros grain de Fermanville. Cette pierre a servi autrefois pour l’habitat traditionnel et pour la construction de la rade de Cherbourg.
On y observe aussi une plage fossile d’âge Eemien, des loess et d’anciens sables dunaires. La falaise révèle même la présence d’un site préhistorique sous-marin vieux d’environ 100 000 ans.
| Élément | Ce que l’on y trouve |
|---|---|
| Géologie | Granite à gros grain, plage fossile, loess, sables dunaires |
| Patrimoine | Phare, fort napoléonien, anse portuaire |
| Nature | Habitats Natura 2000, oiseaux, mammifères marins |
Le site Récifs et marais arrière-littoraux du Cap Lévi à la Pointe de Saire est classé Natura 2000 pour ses habitats d’intérêt communautaire, dont les récifs, les bancs de sable à faible couverture permanente d’eau marine et des herbiers de zostères. Le suivi de la faune et de la flore est assuré par le Symel¹.
Selon les périodes, on peut y croiser ou y observer des mammifères marins comme le Grand Dauphin, le Marsouin commun, le Phoque gris ou le Phoque veau-marin. Le littoral sert aussi de site de nidification, d’escale migratoire ou de zone d’hivernage pour de nombreux oiseaux².
Le Cap Lévi fait partie de ces lieux où la marche sert surtout de prétexte à mieux lire le paysage. La mer, la pierre et l’histoire s’y répondent sans forcer le trait. Pas besoin d’en faire des tonnes : le site se charge du reste.
1. Réseau Manche Mer du Nord, site Natura 2000 Cap Lévi Pointe de Saire
2. Attitude Manche, Fort napoléonien du Cap Lévi